Soufi, mon amour


Read / jeudi, avril 4th, 2013

En lisant le roman,  je résistais à l’envie (Elles sont deux en fait!) de prendre le téléphone et appeler Fatine qui me l’a donné comme cadeau d’anniversaire, pour l’en remercier vivement. Alors, maintenant que je l’ai terminé, je lui dis Merci.

Merci à Elif Shafak aussi, qui dans son bureau à Istanbul a signé son meilleur roman.

Une difficile entrée en lecture, ce qu’il y a de plus normal, quand on découvre que l’on fera une lecture parallèle. D’un décor qui se passe en 2008, d’un agent de lecture, épouse et maman de 3 enfants, de son nom Ella, on se projette au XIIIème siècle pour suivre les pas d’un derviche errant, Shams de Tabriz.

Valsant d’une époque à une autre, d’un cadre à un autre, d’un état d’esprit à un autre, la parole est donnée simultanément à chacun des personnages. Ainsi il n’existe pas un seul narrateur, mais respectivement plusieurs. Tueur, ivrogne, érudit, prostituée, mère, fille, derviche… Chaque chapitre fait d’introduction, de corps et de dénouement, fera à lui seul une histoire. Telles les poupées russes, histoire à l’intérieur d’une autre façonnent toutes Doux Blasphème, lui-même intégré à l’intérieur de l’histoire principale d’Ella, Soufi mon amour. Ainsi, le roman tout aussi cosmopolite que son auteur, pourrait porté deux noms, qui harmonieusement liés, cohabitent sans que l’un ne fasse défaut à l’autre.

Quelques mois seulement après sa publication, Soufi mon amour est l’un des best sellers en Turquie avec plus de 500 000 exemplaires. Nul mystère là dedans :  une accrochante saga aux courriels des meilleures tenues qu’on a envie de quitter nos places et aller vérifier cette boite aux lettres ; Deux styles différents : En 2008, modernité impose, le style est plus léger, on parle d’ordinateur, de club de cuisine, de chien de compagnie et d’aventures conjugales et de mésaventures familiales. Au XIIIème siècle, le style est plus recherché et les mots sont pleins de sagesse. On discute shariaa, tafsir, hadiths… On se sent tourner l’esprit et l’âme aux rythmes des derviches tourneurs!

Lire Samarcande d’Amin Maalouf, n’est pas une nécessité pour lire Soufi, mon amour, mais si vous l’avez déjà lu, vous en profiterez davantage. Des vers du poète Al Khayyam sont cités ici alors que l’origine de la secte des Assassins est plus détaillée ailleurs.

Autour de cinq parties, à l’image des 5 éléments de l’univers (Oui, 5 : le feu, l’eau, la terre, le vent et le Vide) le roman est un énorme travail de documentation, de réflexion et de contextualisation : 40 règles que le protagoniste nous livre, se les rappelle ou partage en prêchant. Impossible de ne pas vouloir les recopier toutes, une après l’autre.

C’est à la base, un voyage de sagesse, d’oubli de soi, de cohabitation de toutes les confessions, de conciliation avec soi, de conciliation avec Dieu. Une quête de sérénité et de renaissance à tout moment. Une quête d’amour.

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