Le Tabou du no-children

Le Tabou du no-children

Dernièrement, Angelina Jolie a avoué dans une interview qu’avant sa visite au Cambodge « elle ne voulait pas d’enfants » ; qu’elle ne se voyait pas mère.

Ces propos que certains jugent de scandalisant ou de confidences surprenantes, ne me choquent, franchement, pas du tout ! Car, s’il y a quelque chose de plus relative dans ce monde ça serait sans conteste tout ce qui se rapporte aux enfants, depuis la conception, la grossesse, l’accouchement, jusqu’à l’éducation à travers tous les âges. Et les désirer- ou pas- n’est pas des moindres !

« Avoir un bébé, c’est comme se faire tatouer le visage. Tu as intérêt à être certaine que tu le veux vraiment avant de te lancer. » Écrit Elisabeth Gilbert auteur du livre (puis adapté au cinéma) Eat, Pray and Love.

La pression qu’exercent la société et la tradition sur la femme en matière d’enfants est tout simplement révoltante : depuis la nuit des temps, avoir des enfants allait de soi, et le statut de femme se confondait avec celui de mère. Ou plus exactement, on préparait, téléguidait par messages -clairs ou subliminaux- la femelle à son rôle de mère ; et celles qui ne procréaient pas (qu’elles soient ou pas la cause de la stérilité) se voyaient répudiées.

nochildPar ailleurs, la médecine qui réussit depuis des décennies à innover en méthodes contraceptives, le fait uniquement dans le but de planifier les naissances et non d’admettre ouvertement qu’il est des cas qui ne souhaitent pas donner de naissance ! Et c’est bien dommage que même au 21ème siècle, une telle DECISION ne s’inscrit pas dans les schémas de liberté personnelle. Pire encore, le choix négatif est quasiment un tabou.

Or, qui plus que la personne elle-même se connaitra mieux ?

Qui plus que la femme pourra déterminer ce qu’elle veut, réellement ?!

Nous savons tous que la liste des recommandations divines des « tu devrais » et « il va falloir » ne prend jamais fin : Il faut un 2ème bébé pour être un compagnon de jeu à l’ainé, il faut savoir écouter la cloche de son horloge biologique, il faut faire un garçon pour faire plaisir au père, il faut faire une fille pour être bienveillante envers la mère, etc……

Mais sincèrement, il suffit plus que de l’image joviale de la happy family, parents promenant leurs petits pour donner envie d’avoir des enfants. Personnellement, je n’en avais jamais eu envie et même l’idée de ne pas en avoir à une certaine époque ne me déplaisait guère. Cependant, la maternité est un sujet qui revenait beaucoup dans mes écrits, mais autrement : je l’abordais différemment, et dans plusieurs articles (Image & Recadrage, Ma fille, Anti-mariage, La mère que je ne voudrais pas être, etc.) j’appréhendais la présence d’un enfant qui effacerait la mienne!

Ce que je dis est probablement ingrat (envers Dieu), impoli et méchant (envers tous mes proches qui veulent faire des enfants sans y arriver) ; mais l’idée ici est de pointer le doigt accusateur envers le corps social, père de tous les vices contemporains, et tenter pour une fois de briser, ou du moins discuter idéaux et scrupules!

Si tant de dégout et d’amertume se ressentent à travers ces lignes, c’est qu’étant constamment sujette aux regards des uns, les envies des autres, aux argumentaires bidons de certains et recommandations catégoriques d’autres, je ne fais que subir, tout bêtement, tout lâchement… donc je sais de quoi je parle. Je sais que la société, n’épargne pas la femme qui cherche son épanouissement loin du cantonnement d’un couple, la juge (mal) continuellement si elle planifie inconformément sa vie, et dire que l’on ne désire pas d’enfants est précisément le genre de discussions faites dans l’embarras de devoir justifier, qui se déroulent dans le malaise de la non-compréhension et impossible de faire face à l’ « opposition » sans écarquillement des yeux, explosion d’interjections ou de grimaces muettes. C’est valable dans toutes les mentalités et les civilisations confondues, où le statut de femme est à moitié complet. Seule différence chez nous, c’est qu’on ne peut pas les faire toutes seules !

Si l’on pense à la survie du genre humain, ce n’est pas l’affaire de toutes. La preuve, il y a des femmes avec plusieurs moyens de contraception combinés finissent par tomber enceinte. C’est parce que quelque part il leur est écrit de procréer ; alors que d’autres multiplient les chances de leur côté, et pourtant…

Il y a toutes sortes de raisons qui font que les enfants sont absents de la vie des gens, et personne n’a le droit d’en déduire quoi que ce soit. C’est dur, insultant et ignorant. Répond Jennifer Aniston, tout le temps questionnée sur sa maternité.

Et ce n’est pas le glamour qui est mis en jeu, un stéréotype absurde que les Model les mieux cotés dans le monde de la mode ont mis à nu il y a longtemps. La question n’est pas là !

Psychologiquement, les femmes qui ne souhaitent pas avoir d’enfant, trainent avec elles et depuis l’enfance un lourd héritage, soit à cause d’une mère trop absente ou trop étouffante, le paternel décevant pourrait s’ajouter pour avoir raison d’un tel désir (c’est magazine Psychologies qui le dit !).

Après, s’occuper d’un bébé, c’est s’occuper de soi tout d’abord. Avant de se dire capable d’assumer les responsabilités d’une famille, il va falloir faire le point sur sa vie et où est ce qu’on va. Le quotidien des petits est affecté par ce qu’on ressent positivement ou négativement, et si l’on mène une relation non épanouissante de couple, l’on se sent frustré au travail, et on refoule tant bien que mal ses insatisfactions quotidiennes, faire venir un môme dans un tel cadre est pur égoïsme.

Ensuite, consacrer ses soins à la vie minuscule et vulnérable d’un bébé s’avère physiquement très pénible, notamment si on choisit d’être une hyper maman qui pratique du maternage intensif (Allaitement exclusif, co-sleeping, sevrage naturel, portage en kangourou, alimentation bio, etc. ) où la disponibilité permanente est une condition sine qua non pour que les premières années du développement de l’enfant se passent en toute quiétude. Sans soutien et support la tâche n’est pas aisée, et à la première plainte, au premier épuisement de forces, on demande aux femmes d’assumer !super-maman

L’exigence d’une présence maternelle si longue, coupe la plupart des ponts sociaux et professionnels : finis les visites, les festivités, les libres voyages, les loisirs précédents, la mobilité géographique, l’avancement de carrière ; et plus tard le compromis mère-enfants du « je serai toujours là quand vous en aurez besoin » me parait juste irréel ! Tant mieux pour celles qui voient dans le métier de maman à plein temps un épanouissement complet. Je voudrais presque les jalouser, mais on n’a pas toutes, la même capacité de trouver des balances dans sa vie.

Avoir un enfant n’est pas qu’un gros choix dans la vie de la personne, mais il est surtout irréversible. Quand l’enfant est là, impossible de faire marche arrière ! Celle qui ne voudrait pas d’enfant, ne les hait pas forcément, c’est juste que le désir ne s’est pas fait de chemin vers son cœur, ou comme ironise une blogueuse ça ne fait pas partie de ses priorités dans cette vie-là. Alors avant de juger, sans droit, celles qui se disent pas prêtes, pas capables ou n’ayant pas envie de devenir mères, il faut écouter leurs raisons, les comprendre ou tout simplement respecter leurs choix, comme elles croient sincèrement les descriptions admiratives sur la plus belle chose dans la vie, et respectent le choix de leurs parentes, amies ou collègues qui sont enceintes, l’étaient ou cherchent à l’être. Or malheureusement, ce sujet précisément, ne bénéficie d’aucune empathie

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