Tant qu’on a des larmes…


Think / mercredi, mars 13th, 2019

Nous les femmes, les larmes ça nous connaît !

Pas celles qui trahissent notre supposée faiblesse, ou manipulatrices désarmantes, plutôt celles qui démontrent notre sensibilité face aux contrariétés et aux bourrasques de la vie.

Au lendemain d’une IWD, j’avoue, du moins en ce qui me concerne, que je tire ma force de ma sensibilité. Rien de mal à me laisser submergée par les émotions quand l’événement titille l’émotivité. Vivre pleinement chaque instant, c’est ce qui fait la différence entre ceux qui vivent intensément et ceux qui s’efforcent d’aller contre leurs affects en faisant semblant.

Réprimer une émotion plutôt que de la comprendre et d’en être maître n’a jamais fait avancer l’expression de soi ni été un remède aux frustrations.

Quotidien stressant, conflits professionnels, relations tendues, etc. en trentenaire avisée je sais qu’il nous arrive de ressentir tellement de profondeur en tout jusqu’à aller aux larmes.

Ça nous est incontournable (selon la science) pour libérer les tensions, décharger les émotions envahissantes de tristesse ou de joie, atteindre un certain lâcher prise en traduisant son ressenti en larmes de souffrance, d’impuissance, de perte, de joie, devant un film ou d’empathie…

L’œil par réflexe naturel, sécrète des larmes pour dégager un corps étranger ou soulager l’œil infecté. Qu’en est-il alors du mal logé au fond du cœur, de la douleur ?

Il est vrai que nous pleurons souvent et plus longtemps (par rapport à la gente masculine), mais nous savons au moins que nous pouvons passer à autre chose, après cette catharsis (je viens d’apprendre le mot, il fallait l’utiliser !), cette purge émotionnelle. Après avoir « pleurer un bon coup » nous sommes soudain libérées.

Quand la culture se met de travers…

Pleurer est vu à travers plusieurs prismes selon que l’on vit dans une société individualiste ou communautaire. Cela renvoie au manque de contrôle, à l’enfant sans oublier qu’il n’échappe pas aux sermons tels « les princesses/les garçons/un homme/… ne pleure(ent) pas ».

Donc, notre culture, nos âges, nos sexes, sont tellement handicapants, paralysant pour percevoir quelque chose de tellement innée, naturelle, dédiée initialement à communiquer une détresse, à chercher une consolation ou une bienveillance, d’un œil réprobateur.

Rappelez-vous le lien mère-bébé. C’est en ayant recours aux pleurs que les parents sont informés quant aux besoins de leur nourrisson. Et un bébé laissé à sa détresse sans réponse se sent frustré et « déteste le monde dans lequel il est arrivé » (Tout se joue avant 6 ans. Dr Fitzhugh Dodson).

C’est en commençant à voir les choses sous cet angle que j’ai compris en partie, en toute subjectivité, ce qui m’arrivait. Moi qui pleurais beaucoup, sans réellement me soucier de mon image en public, j’avais du mal dernièrement à leur libérer le passage. Ma gorge est étranglée, sauf que rien n’arrive. Je souhaite tellement désintoxiquer jusqu’à la guérison la cause de mon malheur, toujours là en train de roder comme des fantômes autour de moi. Je brûle. Le feu me ronge l’intérieur sans rien épargner.

C’est officiel.

Ma source de larmes jadis inépuisable a bel et bien tari.

Jusqu’à y parvenir..

L’idée de devenir un cœur de pierre me terrorisait. Déjà je ne pleure pas dans les enterrements, ni me sentir secouée en apprenant de mauvaises nouvelles et ça en faisait trop… Il y a de quoi s’inquiéter pour son humanité, pour les dernières preuves de sa sensibilité.

J’ai lu que si les larmes ne coulent plus c’est qu’elles se sont faites des cicatrices au cœur… certainement, une de ces cicatrices qui se ferment mal…

Jusqu’à en avoir gros le cœur, me sentir étouffée, noyée par un « trop plein » de chagrin qui déborde de lui même en sanglots pour m’apaiser l’âme.

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