Un amour vintage

Pour cette première lecture 2017 et ce premier roman d’Isabel Wolff, le rétro était à l’honneur.

Avec Phoebe Swift, trentagénaire londonienne, se lançant dans une boutique de vêtements vintage, on découvre que la motivation de dénicher toute friperie originale ou la pièce rare d’une garde-robe est stimulante aussi bien pour la passion de remonter le temps que pour écouter l’histoire du vêtement lui-même. Le terme rétro trouve son sens quand grâce à ses trouvailles, la collectionneuse est mise au courant de mille et un récits. Robes ou accessoires « déjà aimés », les penderies sont prêtes à révéler leurs secrets.

Après une expérience de douze ans dans l’habillement, et parce qu’elle cherche à faire maladroitement le deuil de sa meilleure amie, dont on apprend petit à petit, par un jeu de passe-passe de mots les détails de sa mort, Phoebe, franchit le pas et part à une vraie chasse aux trésors : des années 30’ aux 70’, la haute couture n’a pas de secret pour elle.

Pour les accros à la mode, ce livre est sur le vintage et tout ce qui va avec ! Mais pas que !

Le plus attendu dans ce roman, sans humour ni autodérision, comme il sied habituellement à la tonalité de livres écrits par les femmes, parlant de femmes pour les femmes, est de vouloir l’inscrire dans la vraie littérature de la Shoah parallèlement à l’univers de dentelles, d’étoffes, de cachemire et de soieries.

L’apparition du personnage de Mme Bell, avec qui le protagoniste se lie d’amitié et ne récupère pas seulement des vêtements dont elle se sépare mais le poids frustrant d’un passé qui fait écho au sien, l’auteure avance dans un sillage contrastant de finesse et de cruauté, de glamour et de tragédie. Cette dame, étouffant remords et nostalgie, devient la mémoire verbale des années 40 dans son village près d’Avignon qu’elle quitte après la guerre. Comme les petites intrigues introduites en parallèle, le récit boucle (toujours et trop facilement !) de telle sorte que l’on recueille des témoignages sur les conditions de vie, d’alimentation et de traitement à Auschwitz.

Chick-litt ou pas, genre où apparemment Isabel Wolff excelle, je ne pense pas que je lirais un autre de ses romans ; même si j’avais aimé dans le temps Le Journal de Bridget Jones.

Probablement parce que j’estime que toute transcription en œuvre littéraire du génocide juif, même s’il ne représente pas le cœur de l’histoire, est la parfaite garantie de trouver toujours du succès auprès du grand public. C’est peut-être la raison pour laquelle j’enchaine automatiquement (alors que je voulais faire une pause de lecture) avec Un sac de billes de Joseph Joffo, reconnu lui comme une référence dans l’abondante bibliographie sur les camps de concentrations et les rescapés.

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