Un sentiment plus fort que la peur


Read / mardi, avril 16th, 2019

Ces deux derniers romans (La fille du Capitaine pour l’aller, celui-ci pour le retour) ne faisaient même pas partie de ma PAL et ce présent Marc Levy fut acheté au besoin : pour accompagner un voyage, il me fallait un livre plus passionnant que Lire à 3 ans c’est tout naturel, me semblant, pour tout dire, académique et soporifique pour des vacances.

J’avais gardé une belle impression de l’Etrange voyage de Monsieur Daldry, une charmante découverte d’amitiés, d’amours, d’histoire et de promenades dans les rues de Londres et d’Istanbul. Je savais qu’une deuxième rencontre avec cet écrivain m’attendait depuis et entre tous les titres exposés j’en choisis celui-ci.

Dans ce roman d’aventures parue en 2013, Marc Levy reste pareil à lui-même : ce passionné des secrets de famille nous entraine depuis le climat glacial du Mont Blanc, jusqu’au froid arctique de la Norvège passant par les rues animées de New York. Un tourisme à la Dan Brown, le lecteur tenu en haleine, marche sur les pas de Suzie Baker, la petite fille d’un sénateur cherchant à réhabiliter son nom de famille accusée de haute trahison et le reporter fouineur Andrew Stilman, que les lecteurs ont connu en 2012 en Argentine (Marc Levy fait partie des écrivains prolifiques qui ont quelque chose de commun avec Santa Claus. On attend leurs apparitions chaque année). 

 Consortiums énergétiques, industries agroalimentaires, pharmaceutiques, électroniques, sécuritaires, transports, secteur bancaire, tout leur appartient, même nos plus prestigieuses universités qui enseignent aux futures élites la belle doctrine qui préservera le système. Quand les lois sont si complexes qu’elles deviennent impossibles à appliquer, la seule qui prévaut est la loi du plus fort. L’or noir, nous en sommes devenus esclaves. Nous avons moins soif d’équité et de vérité que d’appareils électroménagers, de voitures, de médicaments, d’électronique en tout genre, de lumières pour donner aux nuits l’aspect du jour, de toute cette boulimie d’énergie dont ils sont devenus les propriétaires. Et il nous en faut encore plus, toujours plus. L’énergie est devenue le ciment de la cohésion sociale, et sa maîtrise le plus puissant des pouvoirs. Sur quelles terres sommes-nous allés guerroyer ces dernières années au nom de la démocratie ? là où le pétrole coule à flot, là où doivent passer les oléoducs pour l’acheminer, là où se trouvent les terminaux pétroliers. Avons-nous compté les victimes ? P. 350

Maniant parfaitement l’art du suspens, l’écrivain alimente les coups de théâtre et l’anticipation à chaque chapitre de son périple, en partageant avec ses lecteurs le jeu de la traque d’indices. Ici, les bons et les méchants se confrontent pour mettre la main sur des documents hautement gardés, avec plus d’une conséquence compromettante pour les grands intérêts contemporains, à savoir l’accélération de l’effondrement de la banquise du pôle Nord.

Un livre passionnant que je recommande à tous mais surtout à tous les amateurs de la géopolitique qui en seront ravis.

Sinon, si j’ai le regret de lui enlever 2 des 5 étoiles que j’avais attribuées à l’Etrange Voyage de Monsieur Daldry, c’est pour l’absence de comédie romantique entre ses pages et le malaise ressenti en devant faire abstraction des allusions faites au Si c’était à refaire pour que ma lecture soit isolée et non la suite d’une série dont j’ai raté le premier épisode.

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