Une chambre à soi

Une chambre à soi

Paru en 1929, cet essai de Virginia Woolf (de son titre original A room of one’s own) est un incontournable de la littérature féministe.

Je ne pourrais affirmer si c’est mon premier livre du genre, en tout cas ces 171 pages pamphlétaires ont eu le mérite de corroborer et enrichir mes idées en la matière avec une plume ingénieuse, ironique, structurée et (très) convaincante. Tout ceci sans louange pour un sexe ni injure pour l’autre.

Icône et prescriptrice et du « combat » en Angleterre et à l’étranger, l’essayiste et romancière s’interroge, partant du thème d’une conférence qui lui a été demandée, « les femmes et les romans », sur la présence de celles-ci dans le monde des lettres si on leur donne l’occasion d’écrire et de publier.

Défiant les conventions de son temps, elle réussit à faire de la création artistique des femmes en particulier, et leur rôle dans la vie économique, politique, universitaire en général, un débat d’envergure. Fruit d’une déambulation dans le British Museum, L’Oxbridge (Université fictive entre l’Oxford et le Cambridge) et sa propre bibliothèque, l’écrivain, décrète en réponse à la problématique qui la tourmente, qu’une femme doit pouvoir disposer de quelque argent et d’une chambre à soi.

Le monde littéraire a perdu longtemps en création à cause des portes restées fermées devant l’autre sexe, jugé alors comme intellectuellement, moralement et physiquement inférieur. Compte tenu du contexte moral et matériel qui conditionnait les femmes de son époque, elles ne peuvent pas écrire, sinon sous un biais anonyme.

Le monde ne leur disait pas ce qu’il disait aux hommes : écrivez si vous le voulez, je m’en moque…Le monde leur disait avec un éclat de rire : Ecrire ? Pourquoi écririez-vous ? P. 79

Ces discours du début du XIXème siècle pourraient sembler derrière nos dos actuellement. Mais j’aimerais noter que si la femme, sur un plan pluriel, a retrouvé un peu de ce qui lui revenait de droit en tant qu’égale de l’homme ; sur le plan individuel, il nous reste encore du chemin à faire et combien de mentalités doivent s’ouvrir à l’évolution.

Parce que oui, honnêteté est d’avouer qu’il est des hommes, hostiles aux femmes, aux esprits presque rudimentaires (là, c’est moi qui suis dans l’attaque! Pour dire qu’il me faut encore apprivoiser ma colère et évoluer dans le débat) qui la regardent encore de travers et souhaiteraient, explicitement et implicitement, la regarder dégringoler dans la pyramide évolutionnaire ou la cantonner aux tâches ménagères. 

Les femmes dans cent ans auront cessé d’être un sexe protégé. Logiquement, elles participeront à toutes les activités, à tous les emplois qui leur étaient refusés autrefois. Tout peut arriver quand être une femme ne voudra plus dire : exercer une fonction protégée.

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