My World To You

Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

Voyage centripète

kaaba

Ahlam Moustaghanmi dota de voix son protagoniste dans « Dakirat Jassad », pour expliquer au lecteur comment se nouaient entre tout peintre et toile, la benjamine de sa création, de fermes liens d’amour qui les tenait, lui, séparé des autres entassées sous la poussière de son atelier, griffées par les châssis de chacune, et elle, trônant sur son chevalet célébrant sa naissance. Il y revient toujours, avec yeux épris et impressions amalgamées, avec l’intime certitude qu’elle est cette pièce maitresse manquant à sa collection.

Dans les cours normaux de la nature, ceci serait applicable aux communs des êtres, artistes ou moins mélancoliques et plus réalistes gens. C’est en répondant à l’appel de la nature que les peaux muent, que les couleurs changent et les bourgeons repoussent. Tout l’univers aspire à de nouvelles naissances et rénove le souffle en agissant ainsi, dit-on dans le lexique managérial, par projets.

Aussi chaque écrivain chérit de toute âme ses dernières œuvres, et moi écrivant j’aime mes derniers essais. Pourtant, je ne revenais pas inspecter les débris de ce fort conquis, tellement maladif et moi encore fragilisée.

Des fois, je les espaçais de plus de 168 heures et ça ne paraissait pas pour autant alarmant ! Mais cette fois, il y avait des joies d’enfants qui apprenaient à nager que j’observais et dont le récit aurait été charmant, mais s’avortait ; il y avait cette face de lune qui boudait devant ma maison, ses raies de lumières nocturnes qui prenaient la largeur de ma fenêtre en pénétrant chez moi, éclairant les carrelages nus de ma pièce, que je voulais décrire, mais en un mot je n’y arrivais pas. Ce matin, il y eut une simple embellie, rien de plus. Et je ne crois pas sortir plutôt indemne de ce labyrinthe et aucune Ariane ne se tient actuellement à l’autre bout, défaisant sa pelote pour m’indiquer l’issue.

Je sus que j’aurais ma paix quand serein redeviendrait mon esprit. Je connais mon mal et cherche activement une cure là où les âmes retrouvent repos et se réconcilient en pèlerinage, encore plus saisissant en ramadan, avec l’univers. Que je puisse panser mes blessures intérieures et me ressourcer en lieux et temps, en airs et aires saints suffirait pour raviver de sa mort déguisée à la vie énergique mon âme flagellée.

Safaa White

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