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Verba volant…Scriba manent… Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

Pourquoi culpabilisons-nous ?

Pour ce nouvel article, j’avais hésité entre deux thèmes qui à mon sens sont parfaitement liés l’un à l’autre, mais un peu comme le paradoxe ancestral de la poule et de l’œuf, je ne savais lequel aborder en premier.

La culpabilité est l’un des thèmes courants de la psychanalyse et son origine est aussi archaïque que l’homme lui-même. La mythologie grecque pullule d’histoires de dieux, demi-dieux et de héros qui ont bravé l’interdit et plongé l’humanité dans une culpabilité « collective » sans limites, depuis que Pandore a ouvert sa boite, que Sisyphe a défié les Dieux et qu’Hercule a exécuté dans un excès de rage sa femme et ses enfants. L’invention du péché originel au IVe siècle a désigné l’homme comme appartenant à une race pécheresse, encouragé par le discours ecclésiastique où l’on diffuse un message culpabilisant, insistant sur un Dieu inquisiteur, comptable et vengeur.

C’est quoi ?

Le terme culpabilité est défini selon Larousse comme l’état d’une personne coupable/blâmable (=qui est responsable d’une faute, d’un mal, qui en est à l’origine, qui porte en soi l’entière responsabilité d’un mal). Mais aussi comme un sentiment de faute ressenti par un sujet, que celle-ci soit réelle ou imaginaire.

Selon le CNTRL, le mot culpabilité est défini comme la situation d’une personne coupable ou tenue pour coupable, ou qui se sent −à tort ou à raison− coupable d’avoir transgressé une règle.

En effet, plusieurs contextes laissent cet état émotionnel de remords d’avoir mal agi ou cette impression de n’être « pas assez » nous habiter au quotidien. Il s’agit d’une émotion relative à soi, justifiée ou non, qu’on porte une responsabilité personnelle. Le terme allemand signifiant « culpabilité » est le même que « dette » (Schuld), chose qui a poussé le père de la psychanalyse, Sigmund Freud à approfondir le lien entre elles et voir la première comme un moyen de rembourser la deuxième.

Dans des situations déplaisantes, la personne, selon ses propres perceptions et croyances, a inconsciemment le sentiment d’avoir commis une faute et regrette d’avoir eu telle ou telle attitude. En attendant qu’elle fasse ou non son mea culpa, elle se met à se juger, se maltraiter, sombrer dans le passé. Elle s’en veut! Ce qui fait naitre des vibrations d’auto-ressentiment, d’inutilité, d’incompétence, de rejet et d’abaissement de soi.

La culpabilité et le péché ne sont que peurs du passé. De Charles P. Curtis

David Hawkins, docteur en médecine, physicien, chercheur et conférencier de renommé mondiale, a développé une approche révolutionnaire, appelée l’échelle de conscience (de valeur/de vibration si vous voulez) où il est possible de définir les niveaux d’élévation de conscience de n’importe quel être humain à travers des tests kinésiologiques. Sur cette échelle, la honte et la culpabilité sont les plus bas niveaux de conscience – respectivement (-20) et (-30) – juste au-dessus de la mort. Pour Hawkins, la personne qui culpabilise, se voit comme un pécheur, incapable de se pardonner pour ses transgressions passées. Bien qu’elle soit supérieure à la honte, on peut toujours avoir des idées suicidaires.

Produisant de l’irritabilité, l’inconfort et favorisant l’inquiétude et l’anxiété, cette émotion négative est la cause de plusieurs maux psychosomatiques. Dans Dis –moi ou tu as mal je te dirai pourquoi (ma lecture exigeante du moment), Michel Odoul énumère 11 troubles qui en seront les conséquences. Douleurs, verrues, troubles menstruels chez la femme, problèmes de prostate chez l’homme, insomnie, allergies…

Néanmoins, se sentir coupable peut être bénéfique des fois. Si l’individu, n’entrant pas dans un personnage de victime, arrive à se questionner sur son comportement et ses responsabilités, la culpabilité peut être saine et utile dans la réparation des erreurs, l’élaboration d’un travail sur soi, sur ses possibilités et ses limites.

Pour en finir avec la culpabilité destructrice

Justement, la prise de conscience que tout un chacun a ses propres limites est la clé pour se libérer de sa culpabilité.

La culpabilité ne s’attache qu’à celui qui demeure ignorant quand il a une chance d’apprendre.” Frank Herbert

Nier, vouloir fuir son ressentiment et faire taire cette méchante petite voix qui nous martèle l’esprit avec les « j’aurais dû » et les « je n’aurais pas dû » est vain et tout aussi malsain que la culpabilité elle-même.

Dans son livre “Au diable la culpabilité ! Retrouvez votre liberté intérieure”, l’auteur propose l’accueil et l’acceptation comme antidote à ce sentiment pénible à vivre. Selon Yves-Alexandre Thalmann, c’est notre volonté de contrôler autrui et l’illusion de notre toute puissance qui nourrit la culpabilité. Elle disparait d’elle-même quand nous réalisons notre absence de pouvoir sur le monde.

Il s’agit au fait d’un renouvellement de schéma de pensée, où loin d’un perfectionnisme ambitieux, on devrait s’affranchir des erreurs passées et s’accepter soi-même avec ses limites, s’aimer et surtout se pardonner (Cf. Mon article ici). S’écouter et accepter que nous faisons de notre mieux est un pas vers la paix intérieure.

Parmi les pistes qui reviennent pour ne pas se laisser envahir par la culpabilité, on retrouve :

  • Prendre conscience. S’habituer à noter les situations qui affectent notre bien-être et nous poussent à être critique envers soi. L’entourage, le travail, les collègues, la famille, les enfants…au bout d’une période définie, on peut faire le bilan et voir sur quoi nous pouvons agir, non pour s’auto flageller, mais pour réparer ses fautes, si erreur il y a.
  • Relativiser. La plupart du temps les situations sont moins dramatiques que ce que nous imaginons. Se donner le droit à l’erreur nous aide à prendre du recul et se poser la question ce que cela représente sur toute une vie!
  • Apprendre à lâcher prise. C’est littéralement renoncer à vouloir contrôler ce qui ne peut l’être. Mettre de côté notre volonté, nos attentes, nos désirs d’aller contre courant et accepter pleinement les évènements auxquels nous sommes confrontés.
  • Avoir du temps pour soi. D’après le magazine de famille Naître & Grandir, lorsqu’on est solide émotivement, on prend souvent du temps pour soi afin de recharger ses batteries, être plus bienveillant envers soi, on se laisse moins envahir par la culpabilité.

Safaa White

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